Jusqu'au dernier souffle : Pourquoi La Traque 2 va bousculer l'audiovisuel local Héraultais
Le compte à rebours est lancé : La Traque 2 : Jusqu’au dernier souffle arrive. Pour 2027, Frame Up Productions ne se contente pas d’une simple suite, mais projette une œuvre de maturité, portée par une vision artistique sans compromis. Pourtant, derrière l’ambition technique, c’est un quotidien de lutte qui s’installe : entre la quête épuisante d’un local et le silence obstiné de certaines mairies, la production se bat chaque jour pour transformer la galère administrative en moteur de création. Découvrez les coulisses d’un projet viscéral qui a décidé de ne plus attendre le feu vert des institutions pour, enfin, faire vibrer l’écran.
C’est dans l’air un peu poisseux de l’Hérault, entre deux dossiers de corruption locale et les silences gênés de certaines mairies, qu’on finit par dégoter les plus belles pépites. On le sait, dans le département, la politique est parfois un sport de haut niveau où l’on préfère jongler avec les fonds publics plutôt qu’avec les idées neuves. Le journal Le Singulier Sète s’en fait régulièrement l’écho : ici, le clientélisme a souvent le dernier mot.
Nous avons suivi de près Melvin Fournie et Axel Rigaud, les deux visages initiateurs de La Traque, produit par Frame Up Productions, dont ils sont bénévoles. Le verdict est tombé : « La Traque 2 : Jusqu’au dernier souffle » est officiellement lancé. Le film est prévu pour 2027, avec un tournage d’envergure prévu durant l’été 2026.
Passer du « prototype » au grand écran
Si le premier volet de La Traque (sorti en janvier 2026) était un « film test » réalisé avec les moyens du bord, la suite s’annonce d’un tout autre calibre. Axel Rigaud, chef opérateur et metteur en scène, est très clair sur l’évolution technique : il ne s’agit plus de bricoler, mais de bâtir.
Pour cette suite, l’équipe a totalement repensé sa manière de travailler. Fini l’improvisation sur le plateau. Le tournage sera étalé sur juin, juillet et août 2026 pour sortir de cette urgence qui bouffe la créativité. Axel mise sur une esthétique chirurgicale : l’usage intensif de drones pour des vues aériennes dynamiques et une image résolument cinématographique viendront corriger les erreurs de jeunesse du premier opus. L’organisation aussi se modernise, avec l’utilisation de l’intelligence artificielle pour caler les plannings des bénévoles et une post-production rallongée pour ne rien laisser au hasard.
« S’arrêter sur des erreurs qu’on aurait pu corriger serait idiot », nous glisse Axel avec le pragmatisme de celui qui connaît son cadre par cœur.
L'ambition d'un budget : Le Département sollicité
Mais pour passer du rêve à la pellicule, il faut des reins solides. Frame Up Productions ne compte pas uniquement sur le système D. Une demande de subvention va être officiellement déposée auprès du Département de l’Hérault. L’enjeu est de taille : obtenir un soutien financier pour garantir une production à la hauteur des ambitions artistiques affichées.
Politique de proximité ou calcul électoral ?
Melvin Fournie, président et réalisateur, ne mâche pas ses mots lorsqu’on évoque la difficulté de trouver un local ou alors d’être soutenu par les collectivités. Pour lui, le constat est cinglant : la politique est devenue un « métier de bouche » où l’on flatte l’électeur fidèle, le senior amateur de couture, au détriment d’une jeunesse jugée trop abstentionniste pour être rentable.
« Si vous mettez à disposition un local pour un club de couture, vous serez réélu. C’est un pur calcul électoral. Heureusement que des communes comme celle de Vic-la-Gardiole tentent de nous soutenir à leur échelle. », confie Melvin.
Une réalité qui pique, surtout quand on sait que leur studio se veut un lieu de création gratuit et ouvert à tous. Le contraste est d’autant plus saisissant à Frontignan. Le maire, Michel Arrouy, martelait pourtant lors de sa réélection que « la jeunesse sera la priorité de son mandat », détaillant une feuille de route censée placer les nouveaux talents au cœur de l’action municipale. Pourtant, sur le terrain, les mails envoyés par Frame Up Productions restent, pour l’heure, lettre morte. Ce silence radio en dit long sur la « valeur républicaine » réellement accordée aux associations qui tentent d’innover. L’équipe de Frame Up ne baisse pas les bras pour autant : les jeunes créateurs vont tenter de recontacter l’édile, avec l’espoir que, cette fois, la municipalité daigne accorder ses actes avec ses discours officiels.
La "Recette" de l'addiction : Un scénario sous haute tension
À quoi les spectateurs doivent-ils s’attendre ? À une œuvre plus dense, plus organique. Si l’ADN du premier film l’action, les poursuites et la tension reste intact, ce second volet promet d’explorer les zones d’ombre des personnages. On quitte la surface pour plonger dans une narration plus psychologique et viscérale. Melvin nous a partagé sa méthode pour « capturer l’âme » du spectateur. On n’est plus dans le simple film d’action. L’équipe utilise des leviers psychologiques comme le « contraste thermique » (passer du chaud au froid émotionnel brutalement) ou l’effet Zeigarnik pour créer un manque et une addiction chez celui qui regarde. Le son sera lui aussi une arme : des sub-basses calées sur le rythme cardiaque pour stresser physiquement l’audience.
Un tournage carré sous l'œil de la loi
Tourner des scènes de poursuite ou d’usurpation d’identité policière en plein mois de juillet dans l’Hérault est un pari risqué. Mais Frame Up a un atout de taille : un conseiller juridique, Officier de Police Judiciaire (OPJ) de métier.
Pas question de jouer les hors-la-loi. L’équipe prévoit une organisation millimétrée avec circulation alternée gérée par des bénévoles et demandes d’arrêtés municipaux systématiques. Le but est de travailler proprement, sans importuner les locaux ou les touristes. Si les mairies continuent de faire la sourde oreille, ils passeront par la Préfecture. Ils préféreraient le dialogue, mais ils n’attendront pas la permission de ceux qui ne répondent pas.
Liberté artistique : On ne négocie pas avec les "lisseurs"
Pour finir, nous avons posé la question qui fâche : seriez-vous prêts à « lisser » l’image d’une ville dans votre film en échange d’un local ou d’une autorisation de tournage ?
La réponse est tombée comme un couperet. Pour Melvin, jamais il ne se pliera à un droit de regard sur son scénario. Axel abonde dans son sens : « Il est impératif de garder nos valeurs et de ne pas nous laisser faire par les mairies qui souhaitent moduler la vision des spectateurs au dépit du projet. »
Toutefois, Frame Up n’est pas ingrat. Melvin précise que si une ville les soutient, c’est avec plaisir qu’ils réaliseront, en parallèle, un film mettant en lumière son patrimoine. Une séparation nette entre la commande et la création pure.
Appel aux passionnés
L’aventure est lancée et elle est collective. Frame Up Productions ne cherche pas des employés, mais des compagnons de route. Que vous soyez figurant, technicien ou que vous ayez juste envie de filer un coup de main sur la logistique d’un plateau qui s’annonce marquant pour la région, vous êtes les bienvenus.
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INFOS PRATIQUES :
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Réalisation : Melvin Fournie
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Image & Mise en scène : Axel Rigaud
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Production : Frame Up Productions
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Sortie Prévue : 2027